Le hit-parade des avocats d’affaires



Les cabinets locaux s’en tirent bien. Naciri & Associés en tête du classement et Kettani suit de près. Les étrangers handicapés par leur absence du barreauQui est le meilleur avocat au Maroc? Qui est le meilleur conseil juridique et fiscal? Des questions qui ont été posées au moins une fois dans la vie d’une entreprise. Au Maroc, il n’existe aucun organisme de classement de ses deux professions (qui peuvent être exercées par la même personne). Devant le vide national, les cabinets étrangers se sont donc chargés d’établir un classement des avocats d’affaires. On peut en recenser deux qui ont pris la peine de regarder de près ce secteur: The Legal 500 et PLC Which Lawyer. Cabinet de classement reconnu mondialement, le PLC Which Lawyer en réalise annuellement pour une centaine de pays. Le dernier classement pour le Maroc a été effectué en 2006 (voir illustration). Il distingue deux types de spécialités: Les fusions & acquisitions et le règlement de litige. Est classé premier, l’avocat ou le conseil juridique qui réussit à avoir les meilleures notations dans les deux catégories. Et c’est un cabinet national, Naciri & Associés-Gide Loyrette Nouel qui vient en tête avec une excellente note en Fusions & acquisitions et la deuxième note en règlement de litige. Kettani Law firm, cabinet du ténor du barreau Azzedine Kettani vient en deuxième position en étant «vivement recommandé» pour les deux catégories. A noter que Hamid Andaloussi, le célèbre avocat casablancais occupe la quatrième place alors même qu’il n’a pas de note en ce qui concerne les Fusions & Acquisitions. Andaloussi doit certainement sa position à l’excellente prestation en matière de règlement de litige où il est jugé premier par PLC. Il faut descendre très bas dans le classement pour retrouver un cabinet étranger, CMS bureau Francis Lefebvre Maroc, en l’occurrence. Le classement n’évoque aucun des quatre «Big» de l’audit, à savoir PriceWaterhouse, Deloitte, KPMG et Ernst & Young qui font également du conseil juridique. Pour des professionnels du secteur, le non-classement des cabinets internationaux résulterait de l’absence du règlement de litige de leur répertoire. En effet, peu de cabinets de conseil juridique et fiscal étrangers investissent le barreau au Maroc. Les raisons sont légion. «A commencer par le problème de la langue», fait remarquer José Ignacio Garcia Muniozguren, directeur de Garrigues Maroc, filiale du cabinet espagnol Garrigues qui s’est installée à Casablanca l’année dernière. Allusion faite à l’arabe, unique langue utilisée dans les tribunaux nationaux. La langue n’est pas le seul obstacle, puisque la loi marocaine interdit aux avocats de se constituer en sociétés. «Alors que dans les autres pays, les avocats se réunissent dans la majorité en société pour être plus compétitifs», souligne Me Kettani. Les cabinets d’avocats et de conseil juridique et fiscal réagissent différemment au classement de PLC. Pour Kettani, «le caractère sérieux de PLC Which Lawyer donne beaucoup de crédit à cette classification, même si ce n’est pas très déontologique pour les avocats, de faire de la publicité puisqu’il ne s’agit pas d’une profession commerçante». Même constat de la part de Hicham Naciri de Naciri & Associés. «Ce classement est utile pour les cabinets qui y figurent. Surtout lorsque ce sont des bibles de la profession qui le réalisent». Pour étayer ses propos, Naciri explique que ces classements permettent aux cabinets nationaux de se faire un nom à l’international. «Ce qui les aide à accéder aux marchés des filiales des multinationales installées au Maroc», ajoute le jeune conseiller.


Méthodologie

 

Pour réaliser son classement, le cabinet PLC Which Lawyer effectue un sondage téléphonique et/ou par courriel auprès des juristes d’entreprises du marché visé. Trois questions sont alors posées: Pour quel type d’opération ou de décision avez-vous recours à un cabinet d’avocat de conseil juridique? Quels sont les cabinets auxquels avez-vous recours? Et que pensez-vous des services qu’ils vous proposent? C’est alors en fonction des réponses obtenues que les experts de PLC établissent une liste des cabinets avec des recommandations différentes selon le type de service. Naoufal BELGHAZI